Tous les consultants
indépendants vous le diront, avoir une bonne démarche commerciale s'avère un
atout considérable dans ce métier. Et il est dangereux de penser que pour
réussir, ses compétences et son expertise suffiront à elles seules. Voici donc
quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté.
Personnaliser à
outrance ses outils de prospection
Pour Catherine
Pompeï, fondatrice d'Active Placement, cabinet d'accompagnement des consultants
autonomes dans le démarrage de leur activité, il faut absolument bannir les
plaquettes comme les mailings. "Par définition, ils sont trop
généralistes." Mieux vaut envoyer un e-mail très circonstancié, qui montre
la valeur ajoutée que l'on va apporter au client. De plus, envoyer des mailings
laisse supposer que l'on a du temps à perdre en communication de masse. Or,
comme le note notre spécialiste, "on ne prête qu'aux riches. Pour être
crédible en tant qu'expert, il faut aussi se prétendre relativement
occupé".
En pratique, on élaborera des fiches d'expertise, chacune
présentant un domaine de compétences et le bénéfice client associé. L'offre de
services sera également présentée sous forme de fiches récapitulant le
processus de résolution du besoin : contexte et objet de la mission,
méthodes et livrables. Il ne reste plus qu'à sélectionner la fiche
"expertise" et la fiche "offre" qui correspondent au besoin
du prospect.
Avoir à tout moment une approche "besoin", c'est la
seule chose qui marche"
Catherine Pompeï, Active Placement
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Pour ce qui est de la formalisation du parcours du
consultant, Catherine Pompeï décommande de présenter un CV : "Ce
serait rester dans une posture de recherche de CDI. Il faut présenter sa
biographie et son expertise, en l'adaptant toujours à chacun de ses
prospects."
Quant à la création d'un site Internet, à moins qu'un client n'en fasse la
demande, elle constituerait plutôt une perte de temps. "Je n'ai jamais vu
une entreprise chercher un inconnu sur le web", prévient-elle.
Soigner sa prise de
rendez-vous
Même s'il est
totalement novice en la matière, le premier impératif pour le consultant
indépendant est d'apprendre à décrocher un rendez-vous. Il s'agit d'abord de
parfaitement manier l'outil téléphonique. Ensuite, de se montrer très humble,
notamment vis-à-vis des assistantes qui réceptionnent l'appel. Et surtout,
d'adopter un discours extrêmement structuré. "Contrairement aux cabinets
de conseil qui peuvent s'appuyer sur une communication corporate ou encore organiser
des petits-déjeuners, l'indépendant n'a pas de 'béquille'. Ce coup de
téléphone, c'est sa seule porte d'entrée." Et à ce moment là, toujours se
rappeler qu'il ne faut pas parler de soi, mais bien de ce qu'on peut apporter
pour répondre aux besoins du prospect.
L'astuce de Catherine Pompeï : "Au téléphone, il
ne faut pas trop en dire non plus : il ne s'agirait pas que l'assistante puisse
répondre que son entreprise ne sera pas intéressée."
S'adapter au cas
particulier de son prospect
Pour que le
prospect se retrouve entièrement dans ce que lui dit le consultant, ce dernier
doit lui montrer qu'il connaît sur le bout des doigts ses problématiques.
Quitte, d'ailleurs, à se renseigner préalablement auprès des salariés.
"Plus encore que si vous apparteniez à un cabinet de conseil, vous devez
être capable de vous fondre dans le moule de l'entreprise. C'est vous qui
suscitez le besoin du client : lui ne viendra pas vous chercher. Avoir à tout
moment une approche 'besoins', c'est la seule chose qui marche."
Le moment venu, pour montrer qu'il est totalement en phase avec son
interlocuteur, le consultant pourra même utiliser des éléments d'ordre
personnel, en mentionnant - si c'est le cas ! - qu'ils ont fait la même
école, qu'ils pratiquent les mêmes sports...
Se faire recommander
Quoi de mieux que des propos positifs à votre égard de la part de tiers ? C'est
tout l'intérêt du réseau. Or ce qui compte, pour créer et animer son réseau,
c'est de veiller à apporter quelque chose à ses membres. Il ne s'agit pas de
demander de l'aide à ses connaissances, mais au contraire d'avoir continûment à
leur égard des petites attentions, professionnelles ou non. "Il faut leur
donner envie de vous recommander. Quand l'occasion se présentera, ils penseront
naturellement à vous." En résumé, ces intermédiaires doivent à la fois
savoir parler du consultant et avoir l'impression d'être valorisé de donner un
si bon "tuyau".
Développer sa notoriété
Légitimité accrue, domaine d'expertise précisé, recommandations facilitées…
développer sa notoriété est primordial à tous points de vue. Pour cela, les
actions que Catherine Pompeï recommande de privilégier sont les
suivantes : "participer à des conférences, écrire des articles dans
des revues professionnelles et publier des livres".
A lire
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"Consultants : comment trouver vos
premières missions", Catherine Pompeï et Roland Bréchot (Dunod, 2005)
>>> Consulter les librairies
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En effet,
intervenir lors d'une conférence permet d'adresser une cible bien précise. De
plus, le budget publicitaire incombe à l'organisateur de l'événement : raison
de plus pour en profiter. Enfin, au moment où l'indépendant se lance, il
bénéficie ainsi de la notoriété et du public des intervenants les mieux
établis.
"Par ailleurs, en France, on pense que vous êtes intelligent quand vous
écrivez, juge Catherine Pompeï. Or ce n'est pas tout à fait faux." Pour
rédiger articles ou ouvrages spécialisés, mieux vaut, plutôt que de proposer un
article finalisé ou un manuscrit, identifier avec le journal ou l'éditeur les
questions à traiter. Cela évite d'avoir travaillé pour rien et assure une
meilleure adéquation aux besoins de votre interlocuteur.
Ne pas proposer de
mission trop longue
"Même si le prospect a beaucoup de besoins, il ne faut
pas, d'entrée, lui proposer 100 jours-homme de travail. On tronçonnera plutôt
la mission : une première tranche de quelques jours et peut-être ensuite telle
et telle autre." Le contraire serait le plus sûr moyen de ne rien se voir
confier du tout. Sans compter que le prospect devrait être rassuré que vous ne
vous inquiétiez pas du renouvellement de votre mission : la qualité de
votre première intervention vous assurera d'être repris .
En cours de mission,
avoir déjà l'œil sur
la suivante
En
dernier lieu, le consultant indépendant a tout intérêt, lorsqu'il est en train
de réaliser une mission, à montrer - par exemple par les questions qu'il pose -
que l'entreprise a peut-être d'autres besoins. De la sorte, le client va aussi
se rendre compte que le consultant a d'autres expertises à son actif. Et s'il répond
"effectivement, dans le service voisin, ils ont le même problème", le
consultant n'aura plus... qu'à rebondir !